Doctorant en Philosophie – Mandat d’Assistant (ULB)

Faculté de Philosophie et Sciences sociales

Centre de recherches en Philosophie (Phi)
Campus du Solbosch - CP 133/02
Avenue F.D. Roosevelt, 50
1050 Bruxelles

Joffrey.Grenier@ulb.be

Présentation des recherches et des centres d’intérêt

            Après avoir soutenu un mémoire consacré à l’articulation entre métaphysique et sciences expérimentales chez Raymond Ruyer, j’ai obtenu un master en philosophie ainsi que l’agrégation dans la même discipline (ULB – mentions : LPGD). Depuis l’année académique 2025–2026, je poursuis un doctorat à l’Université libre de Bruxelles, sous la direction de Didier Debaise, dans le cadre d’un mandat d’assistant en philosophie. Ma thèse s’intitule :

« Le bestiaire des sciences contemporaines : enquête auprès des entités scientifiques en vue d’une cosmologie spéculative. »

            Dans une perspective attentive à l’interdisciplinarité et aux spécificités méthodologiques de chaque discipline, mes recherches s’ancrent dans une question bien plus large : celle de l’appartenance au monde. Dans le cadre de la thèse, je cherche à éclairer un point précis, souvent laissé implicite : que signifie « exister » pour les entités auxquelles les sciences contemporaines donnent consistance (traces fossiles, organismes, champs, systèmes et autres objets du cosmos) ? Comment ces entités se définissent-elles par des régimes de relation plutôt que par une simple indépendance faussement « objective » ?

Le projet se situe à l’interface de la philosophie des sciences, de l’analyse ontologique des pratiques scientifiques et de la spéculation philosophique. Il vise à rouvrir la possibilité d’un geste cosmologique – liant le particulier à l’Absolu – à partir des sciences contemporaines elles-mêmes : non pas en les surplombant, mais en suivant leurs manières spécifiques d’aller à la rencontre des entités qu’elles étudient, dans leurs dynamiques propres. La recherche combine une enquête critique sur les entités des sciences contemporaines et la construction d’un « bestiaire » ontologique, conçu comme une typologie critique destinée à décrire leurs modes d’existence et de relation, plutôt qu’à reconduire le fantasme d’un classement définitif. Elle vise, à partir de là, une réactivation du geste cosmologique sous la forme d’une cosmologie relationnelle, entendue au sens fort. Ici, le terme renvoie moins à une sous-discipline historique de la physique qu’à une manière de rendre lisibles les modes d’existence et de relation que les sciences contemporaines font émerger. Autrement dit, l’ambition est de se mettre, à la suite de Whitehead, à l’épreuve de l’exigence d’« un système d’idées générales qui soit nécessaire, logique, cohérent et en fonction duquel tous les éléments de notre expérience puissent être interprétés » (Whitehead [1929], Procès et réalité. Essai de cosmologie, Paris, Gallimard, 1995, p. 45). Ce travail se situe ainsi à la croisée d’un diagnostic, d’un geste constructif et d’un horizon spéculatif. L’ensemble vise donc à élucider les opérations par lesquelles les sciences agissent comme des puissances que je nomme cosmopoïétiques – faire exister des êtres et composer des mondes – puis à forger un bestiaire ontologique en un outil de dévoilement de la métaphysique effective des pratiques scientifiques, condition d’une cosmologie spéculative rigoureuse.

Mes terrains d’intérêt se situent au carrefour des sciences contemporaines, de leur pratique et de leurs philosophies, en laissant place aux approches minoritaires. Ils mobilisent également la tradition spéculative et la philosophie japonaise (Whitehead, Ruyer, Nishida, Watsuji), ainsi que les démarches de Descola et celles de Latour dans l’Enquête sur les modes d’existence.